•   Un peu à court d'inspiration, j'avais promis pour l'anniversaire de ma moitié de lui confectionner une base de pantalon à ses mesures, afin que les passages sans cesse ajournés au magasin lorsque que le besoin s'en fait sentir ne soient plus qu'une possibilité parmi d'autres, par conséquent évitable. Les trois paquets de bougies ayant été consummés depuis plusieurs semaines déjà, je me suis lentement mise au travail à l'aide du pavé d'Esmod consacré au modélisme de mode masculine.

      Mesures nécessaires : TT, TH, hauteur de montant, hauteur taille-côté

      - Première source de perplexité : dans le tableau de mensurations, un homme n'a pas de tour de taille, mais un tour de ceinture. Enfin si, pour la construction il a bien un tour de taille, mais le pantalon ne montant pas jusqu'à ce niveau on se sert du tour de taille augmenté de 6 cm, et la ceinture du pantalon de base est ainsi construite 4cm en dessous de la taille réelle.
    Le monsieur a la taille assez haute; même en plaçant la ceinture 4cm en dessous, le niveau de cette dernière reste plus haut que sur la construction Esmod.
      - Deuxième moment de perplexité : je suis une fille. Quand je veux mesurer ma hauteur de fourche il n'y a pas à s'y reprendre 7 fois. Dans le cas du garçon, une variable que nous nommerons "p" (pour "paquet" (ou "parties" (ou "précieuses" (ou "patrimoine" (ou "panier de la ménagère"))))) vient s'ajouter aux considérations. p étant compressible jusqu'à un certain point, quel est le degré de compression jugé acceptable pour le choix de la position de la ligne de fourche ? Aucun contact, léger contact, compression moyenne ?? Rien n'est dévoilé de ce mystère joyeux dans la méthode.

      J'ai joué le jeu (en diminuant tout de même de 2cm la circonférence imposée d'office au genou), et voici ce que donne la base de pantalon de ville, l'aisance étant déjà incluse lors de la construction :

    Pantalon masculin sur-mesure

      Après consultation du ressenti de Monsieur, il s'est avéré et que le devant de la fourche la jouait un peu trop collé-serré avec p. Et j'ai appris un secret : la fermeté de la braguette aiderait à diminuer cette sensation de collant. La ceinture n'est pas assez haute et le dessous de la cuisse tire lorsqu'il monte le genou : je peux y remettre les 2cm.

    Pantalon masculin sur-mesure

    Les chaussettes, ce sera pour Noël...

      Ci-dessus la deuxième toile (portée un peu bas sur les photos à cause de l'absence de ceinture en cuir) : le confort est adéquat, mais la ceinture est un peu trop large. Je note que le côté des hanches est tout de même trop arrondi, il y a 1,5cm à retirer de chaque côté. L'aisance perdue sera de toute façon compensée par l'ajout du pli devant, puisqu'il s'agit de la configuration désirée à terme.

      Pour le prototype, je suis allée taper dans la collection De Gilles, un sergé un peu trop raide (genre tenant de la ceinture de sécurité) mais de couleur Monsieur-compatible. Pas grave, il en reste plein d'autres pour les suivants. Confection épurée pour laquelle je me suis basée sur l'un des chinos Polo by Ralph Lauren chéris du sujet : poches italiennes avec fond de poche et sac de poche sur la même pièce, braguette simplissime, hausse de ceinture minimaliste. Ouais y a du contraste, mais c'est invisible et comme c'est du drap housse patiné on passerait sa vie les mains dans les poches. Un bouton, des ourlets invisibles, et le verdict.

    Pantalon masculin sur-mesure

    Pantalon masculin sur-mesure

    Pantalon masculin sur-mesure

      Il en est ravi ! Le seyant et le confort sont très bons et la fermeté de la braguette appréciée. Seule chose à modifier : augmenter un peu la largeur des poches car les pouces sont un peu gênés.
    De mon point de vue, j
    e pourrais également abaisser et cintrer un peu le milieu dos et creuser légèrement la fourche dos car on voit quelques plis. La cassure de bas de jambe sur la chaussure est très visible à cause de la nature du tissu, mais la longueur me semble bonne.

    Pantalon masculin sur-mesure

      Quelques détails :

    Pantalon masculin sur-mesure


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  •   Foilà, foilà, la version test de la blouse avec les modifications, en abaissant la ligne de buste d'1cm pour moi.
    Les tissus viennent de chez De Gilles : le foncé est un sergé de viscose assez dense, et le marron caramel est il me semble un coton, léger, dont le tissage fait apparaître de fines rayures marrons irisées sur fond noir; très joli mais un poil trop nerveux encore. Le galon ad hoc venait du bac à fouille de chez Reine.

    encolure glissante

    au naturel / rebasculé à l'avant

    Problème numéro 1 : l'encolure tend à s'écarter et à glisser derrière, entraînant les têtes de manche dans le naufrage, qu'est-ce que ça m'énerve quand ça fait ça !
    Problème numéro 2 : c'est trop large. Conclusion : la base chemisier, c'était pas une bonne idée.
    Problème numéro 3 : j'avais fait un gloubiboulga sur les têtes de manche liquette pour les remonter et les froncer et on sent qu'elles ne sont pas tout à fait bien dessinées.

    Dernières nouvelles du front

    Bouh !

    Dernières nouvelles du front

    Pas trop vilain, mais même coincé dans une jupe ça finit par basculer à l'arrière...

    Dernières nouvelles du front


      Je laisse là ce boulet de patron, et vais consacrer mon énergie à terminer le pantalon de Monsieur. En plus cette semaine c'est crève languissante au programme : après le mal de gorge, les frissons, les courbatures, la toux, c'était
    hier la voix de Richard Bohringer et aujourd'hui la perte de l'odorat ; un vrai calendrier de l'Avent. Ah oui, et De Gilles va fermer l'an prochain. Sale mois de novembre, va.


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  •   Un petit coucou pour montrer ce qui m'occupe ces derniers temps. J'essaye de sortir un peu des chemises et de m'exercer à la blouse à empiècements d'épaule froncés. J'étais d'abord partie pour adapter une petite américanerie (Lauren Moffatt), mais l'adaptation était encore trop proche du vêtement original (c'est presque chiant, quand un modèle colle tellement avec ses goûts qu'on ne trouve rien à changer sans amochir la chose). J'avais tout de même envie de m'essayer à la fabrication d'un patron de blouse niveau débutant, alors petit dessin après petit dessin, j'ai fait muter la chose.

    Compositions blousales

    Compositions blousales

      Tenez, par exemple, je suis sûre que la blogo couture a soif de se gargariser de l'expression "manches marteau", d'autant que la divinité google n'a pas foule d'images à proposer en échange de cette locution. J'ai été fouiner dans le Chiapetta pour les conseils de construction parce qu'Esmod se limite aux manches raglan. Après 2 toiles, j'ai fini par comprendre que j'allais devoir abandonner les fronces devant, à cause de l'embu qui est ajouté à la construction sur la "tête" de manche. Pareil pour le pli inutile au dos.

      J'étais un peu découragée par ce premier essai de transformation, la version finale dans un beau sergé en lin/viscose coupé dans le biais donnant cela :

    She said it was all make-belief

    Le tissu était encore un peu trop ferme et je n'étais pas assez convaincue par le modèle pour le numériser. Pour tout dire, son côté montgolfière avec épaules rondes ne me donne pas très envie de le porter.

      Alors j'ai revu ma copie, testant des bouts (en matière de stylisme, je crois davantage à la mise à l'épreuve du goût personnel en jouant avec des morceaux de puzzle qu'à l'inspiration divine...) de choses vues ça et là à cette forme globale de blouse à épaules froncées. J'ai fini par trouver une voie plus convaincante, testée en 40 :

    Compositions blousales

    Compositions blousales

    Hey guys ! It's Christmas time !

    À droite, les fronces sont rassemblées sur l'épaule, à gauche, leur volume est réparti sur l'épaule et sous la poitrine, ce que je choisis finalement (on reste loin du spectre de cet horrible haut). Reste à diminuer un peu le volume de l'emmanchure dos, abaisser un peu l'empiècement d'épaule, arrondir un peu l'encolure et affirmer davantage la courbure de l'ourlet devant.

      Les tissus de texture adéquate pour ma future blouse sont déjà trouvés, ce qui est plutôt motivant :

    Compositions blousales

     
      Et vous, vous êtes plutôt vin chaud ou châtaignes grillées ?


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  •   L'histoire du vêtement d'aujourd'hui a commencé dans la ligne 8 du métro, parmi la foule du samedi. Une jeune fille dans la rame, une large chemise à carreaux. Forcément me dis-je, c'est une adolescente et elle a une coupe au carré. La foule se dégage, raté pour la coupe, elle porte une queue de cheval. D'où me venait donc la vision de cette association idéale [grande chemise à larges carreaux/coupe au carré] ?
      La réponse m'est apparue une semaine après : la petite Angela Chase et sa clique 90's ! Et penser "Angela, 15 ans" c'est un rappel systématique d'Alice D. en train de glousser le nom de "Jordan Catalano" à presque chacune de nos réunions de scoutisme d'il y a, holà, une bonne quinzaine d'années. Je n'ai jamais regardé la série du vivant de mon adolescence, rapport au titre repoussoir je crois, mais je voyais à peu près à quoi ressemblait l'héroïne (pas la drogue non, le personnage).
      Quoi d'étonnant alors, qu'après quelques séances de contorsion sur un carré en travaux (idée pour M6 : un concours de coiffeurs amateurs avec une épreuve de coupe sur personne vivante et une épreuve de coiffure créative façon Fred le boucher le coiffeur; ce serait rigolo. On offrirait aux cobayes ratés un séjour au vert n'importe ou au Royaume-uni le temps que leur scalp redevienne présentable) j'aie eu envie d'exercer mes ciseaux sur ce coupon ramené de Londres pour les pyjamas du padre, mais qui n'a pas eu l'heur de lui plaire tout à fait ? Surtout qu'un p'tit dessin de robe 90's directement pompé sur une robe de la créatrice américaine Mary Meyer était tout frétillant d'être réalisé !

    My so-called shirtdress


      J'ai d'abord cherché de par les internettes de quoi était réellement vêtu ce beau brin d'Angela, histoire de ne pas faire de fashion faux pas avec le tissu. Avec ses carreaux fondus, il s'avère qu'il fait bien raccord avec l'époque. J'ai découvert qu'Angela porte à un moment une petite robe du même acabit, version grunge : décolleté moins prononcé, épaules tombantes, et des fronces à camoufler un ventre de fille-mère.

    My so-called shirtdress
    C'est bon quoi, j'avais oublié mes lunettes

      À l'aide des divers visuels récoltés (vive les carreaux pour la facilitation du travail !), le patron a ainsi été dessiné et testé sans toile préalable :
    * élargissement corsage de ma base de buste, avec la pince d'épaule incorporée dans la grande pince de taille (total : environ 7cm), et pince dos creusée de 2cm (total : 4cm).
    * épaules rognées sur le côté latéral de 2.5cm. Le dessin du décolleté semble alors plus étroit, mais une fois la robe portée, les épaules se placent comme il faut et le décolleté reste bien tendu.
    * côté de la taille creusé d'1cm sur chaque demi devant et dos.
    * base jupe évasée le long de trois lignes verticales, de façon à obtenir un éventail à 50° sur chaque demi devant et dos. Si j'en crois l'angulation des carreaux à la jonction au milieu dos, le modèle original doit plutôt se situer aux alentours de 75° mais je ne voulais pas trop de tissu non plus.
    * manche construite entre manche montée et manche liquette.

    My so-called shirtdress
    En gris : manche montée / En vert : manche liquette

    Ordre de validation lors du montage :
       buste -> manches -> jupe -> décolleté fini au biais -> patte de boutonnage -> poches paysannes

    - La partie du dos entre la carrure et l'emmanchure est juste comme il faut, impression favorisée par le tissu non extensible en largeur.

    My so-called shirtdress

    - J'ai trouvé un commencement de réponse à la question : qu'est-ce qui justifie qu'à un moment donné dans un patron on nous dise de coucher les pinces vers le milieu ou vers le côté, à part la prise en compte de la couleur du slip du capitaine ? Eh bien dans le cas présent, après tirage à la courte-épingle, les pinces poitrine ont été couchées vers le milieu. Du coup, quand on regarde la robe de profil, le côté médial de la couture de pince semble surélevé et se détache nettement : on peut aisément voir que j'aurais pu abaisser la pointe d'1cm. Surtout que le creusement devant a tendance à ramener les épaules en arrière...

    My so-called shirtdress

    - J'ai vu un peu court pour les manches : 8cm sous le coude sont en-deçà de ce que je souhaitais, mais la circonférence, 28cm, est très bien.
    - Comme d'hab', le bas de la jupe devant arrivait plus haut que celui du dos, il faudrait que je me rentre une bonne fois dans le crâne que j'ai une stature cambrée. J'ai raccourci la jupe, qui fait maintenant 50cm de long en moyenne. Elle semble s'être légèrement étirée dans les parties qui tombent en biais (les côtés).
    - J'ai recreusé le décolleté pour qu'il corresponde mieux à celui de la robe originale car c'est ce qui me plaisait le plus dans le modèle. J'ai tellement rogné/refait des coutures de soutien qu'à un moment donné j'ai cru revivre ce funeste jour de 1998 où ma perfectionniste de mère, s'étant proposée pour me couper les cheveux au carré, avait tout raboté jusqu'au lobe des oreilles dans sa rage d'égalisation.

    My so-called shirtdress


    - Bien que l'endroit le plus étroit fasse 10cm de moins que le tour de nichons, l'enfilage reste aisé : j'ai donc renoncé à la patte de boutonnage et ai choisi de consacrer mon temps à deux poches paysannes en un morceau, puisqu'il n'y avait pas de couture côté dans lesquelles ajouter des poches. Ainsi, elles sont dans une position plus anatomique. Il y a eu plantage dans la prévision du côté visible du passepoil, mais j'aime bien le léger contraste ainsi créé.

    My so-called shirtdress

    - Il n'y a pas de doublure

    My so-called shirtdress

     
    Verdict final : je trouve que j'ai bien réussi mon coup; à part les manches auxquelles il manque 5cm et le dos du buste que je raccourcirais un tantinet, je ne vois pas grand chose à modifier. Même la pince poitrine qui s'arrête juste sur la pointe du sein ne rend pas si mal en fin de compte.
    Il va maintenant falloir trouver la motivation pour tricoter un châle (sans trou) au triangle suffisamment large pour mettre le décolleté à l'abri si je compte la porter cet hiver !


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  •   C'est l'heure du concours automnal sur Thread & Needles ! Mot d'ordre : partir d'une œuvre d'art, pourvu que le point de départ puisse être représenté par une image.

    Bedsit land, my only home

      La charrue est arrivée avant les bœufs puisque j'avais besoin d'un pyjama, et que trois gros coupons de coton gratté en transit squattaient l'appartement (j'avais eu un mot de ma maman pour le Gentleman, lassée de plus trouver de pyjamas en pilou à Eurodif et satisfaite de la première tentative de son atelier clandestin : "Si d'aventure ma fille dégueule sur votre comptoir des mètres de coton gratté, laissez-la faire c'est moi qui régale. Madame Grès." (sans déc, c'est pas un pseudo, et ça fait tout de suite argument d'autorité.)) L'esprit colonisé par des nuées de pyjamas moelleux, il n'est pas étonnant que la chanson "Bedsitter" de Soft Cell me soit rapidement revenue en tête, son vidéoclip visionné, et le rapprochement avec ma future œuvre opéré. Entourloupe avouée est à moitié pardonnée. Et avec au moins la certitude de faire quelque chose de portable au quotidien, ce qui n'est pas toujours mon fort...

    Bedsit land, my only home


    Bon si, y a quand même un truc pour lequel je me suis directement inspirée de l'œuvre, c'est la chemise/pyjama.

    Bedsit land, my only home

    Combien y a-t-il de lapins dans cette image ?

      Comme je n'avais pas de patron de haut de pyjama sous la main, je me suis dit que le patron fait en juin, en taille àpeuprès46 (la 44 était découpée) pourrait relever le défi du nahitouaire. Pour le pantalon, j'ai tenté le bas de pyjama proposé dans le livre de Casual wear homme de Christelle Beneytout, intriguée par la proposition de jambe en une pièce comme sur les patrons de leggings. J'allais partir sur la plus petite taille, la 36, faite pour un TT=82 et TH=98, mais la mesure directe sur patron annonçait un enfilage malaisé et des fesses boudinées, donc je me suis prudemment repliée sur la taille 40. Ce pantalon est si simple à réaliser que ça m'a fait tout drôle de l'avoir déjà terminé avant d'aller me coucher. Pas un miracle de seyant, mais tout à fait convenable pour un bas de pyjama.

    Bedsit land, my only home

    feat. le mug le plus moche de l'univers

    Bedsit land, my only home

      J'avais d'abord envisagé un passepoil pour relever le haut du pyjama, puis je me suis dit, bah, bateau, prenons plutôt un ruban de velours. Comme ce n'était pas bien synchronisé là-haut, je me suis rendue compte après achat qu'un ruban ne pouvait être positionné en bord de pièce comme du passepoil : il se retrouve donc sur les épaules, les poignets et la poche, et à 1cm du grand bord du col. La machine à coudre étant comme le cerveau de sa propriétaire, sans double entrainement, le tissu se retrouve légèrement froncé sous le ruban inextensible.

    Bedsit land, my only home

    Trop heureuse d'avoir un thermocollant libéré du fléau du gondolement par le baptême, j'en ai mis en dessous du col ; ct'un peu raide maintenant mais ça fait très mystérieux quand je relève le col. On pimente ses nuits comme on peut.

    Bedsit land, my only home

    Enfin j'ai ajouté une pièce d'échine arrondie pour compléter la parementure, le col fut ainsi moins embêtant à poser.

      Les photos ont été prises après notre première nuit ensemble : très doux, tout confort et pas tout à fait aussi chaud qu'un pyjama en éponge, il fait un très bon pyjama d'automne.

    Bedsit land, my only home


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